Sur la route de retour de Tignes après une semaine intense de préparation physique en altitude pour mieux performer sur le PGA Tour, Adrien Saddier a répondu à nos questions.

Après 8 tournois disputés et quatre cuts franchis, le Haut-Savoyard affiche une confiance mesurée et poursuit avec lucidité et ambition son apprentissage du PGA Tour. «  Je suis dans mon jeu, aucun domaine ne pêche, je dois seulement m’adapter au circuit et m’habituer aux parcours américains exigeants et plus techniques que sur le circuit européen. »

Sur le PGA Tour, le moindre détail compte. Parcours plus sélectifs, drapeaux plus piégeux, greens plus fermes : la sanction est immédiate. « Les double bogeys coûtent très cher. Il faut apprendre à adapter son jeu », analyse-t-il. L’objectif est clair : limiter ces erreurs qui pèsent lourd sur une carte. « Je dois apprendre à mieux rater certains coups. Mais globalement, je suis solide dans tous les compartiments du jeu. »

Que retenez-vous de ces premiers mois, de ces parties parfois compliquées même si vous avez montré du très bon jeu :  4 cuts sur huit tournois c’est plutôt pas mal ?

Au-delà des résultats, l’expérience est riche. L’organisation est impeccable et j’apprends énormément en côtoyant les meilleurs. L’ambiance est très sympa, à la fois détendue et compétitive. Le passage du circuit européen au PGA demande toutefois un temps d’adaptation, notamment dans la découverte des parcours. Une reconnaissance de 18 trous ne suffit pas toujours pour tout maîtriser.

Avez-vous des souvenirs marquants ?

Le célèbre trou 16 du Phoenix Open, disputé aux côtés de Rickie Fowler dans une ambiance survoltée. C’est impressionnant, très bruyant, mais aussi très convivial. On a bien échangé. Il y a aussi mes parties avec Sam Burns et Ben Griffin à Houston. Ces expériences me permettent de progresser et de me situer. Aujourd’hui, je sais que je suis légitime et capable de scorer.

Confiance pour la suite et quête de caddie

Vous êtes actuellement 96e au classement, êtes-vous inquiet pour votre place sur le PGA Tour ?

Pour conserver sa place, il faut être dans le top 100 début mai. Je suis confiant car je ne joue pas de tournoi avant l’annonce du classement. Je ne peux pas perdre mon ranking. (rires) Et les deux événements signatures de Cadillac en Floride (3 mai, le Truist en Caroline du Nord, 10 mai) et le Zurich Classic à la Nouvelle Orléans (26 avril) ne comptent pas pour le classement.

Et quid côté caddie ?

Après deux ans de collaboration avec Andrea Ginola, puis une expérience plus brève avec l’Américain Nick Cavendish, Adrien est en quête d’un nouveau partenaire. « Je vais repartir avec quelqu’un, mais rien n’est encore décidé », confie-t-il.

Les bienfaits de l’altitude

 

Enfin, vos préparations en altitude ? C’est atypique pour un golfeur, vous devez même être le seul du circuit à vous préparer en montagne. Pourquoi ?

Adrien & David Baudrier son préparateur physique – Photo ©tignesofficiel

Je suis avant tout un gars de la montagne et cette préparation en altitude est très bénéfique et me permet de mieux affronter les fins de saison. Un mois après ces stages, je sens un rebond physique, preuve que c’est maintenant un élément clé de ma performance.

Chaque hiver, on va à Tignes avec David, mon préparateur physique depuis neuf ans. Au programme : ski de randonnée, travail en salle et récupération. Et bien sûr la décompression, la beauté de la montagne dans un environnement incroyable. Cette année, on a eu beaucoup de chance avec le temps et la neige. Les conditions étaient parfaites. Tignes, avec qui je suis partenaire, met à ma disposition des installations de haut niveau et  m’accompagne sur le plan logistique.

 

Retour à Tignes cet été

Soulignons qu’un second stage estival, souvent fin juillet, viendra compléter ce dispositif, dans un cadre plus familial. Chaque année, la station propose également à Adrien Saddier d’être le parrain de l’Open de Tignes. Dans l’attente de son calendrier définitif, il espère pouvoir répondre présent à ce rendez-vous.

Pour l’heure et après son break de trois semaines, le joueur d’Esery reprendra la compétition mi-mai en Pennsylvanie pour le PGA Championship. Dans son calendrier figurent également l’Open d’Italie (fin juin), qu’il avait remporté en 2025 et sur lequel il sera attendu, ainsi que Crans-Montana (août), un rendez-vous qu’il affectionne particulièrement car son public viendra le soutenir. L’an dernier, il avait très bien scoré les deux premiers jours (cartes de 62 et 65) puis, avait finalement terminé à la 13e place.

V.S