De gauche à droite : Jean-Baptiste Pain (Directeur Général Jabra GN), Franck Riboud (Président de The Amundi Évian Championship), Joël Hamon (Président de Jabra GN) et Steve Brangeon (Directeur The Amundi Évian Championship) – Photo DR

Après une année d’absence imposée par la pandémie, le Jabra Ladies Open revient pour sa 5e édition du 3 au 5 juin à l’Evian Resort G.C. Entretien avec Jean-Baptiste Pain, directeur général de Jabra.

Aujourd’hui, le Jabra Ladies Open est un full Ladies European Tour. Comment expliquez-vous une telle ascension depuis sa création ? Et comment s’est manifesté l’apport de Franck Riboud et d’Evian ?

JBP : Quand on crée le tournoi en 2016, on n’a pas plus d’ambitions que de créer un évènement nouveau pour le golf sportif féminin, qui déjà, à cette période, manquait cruellement de tournois et de moyens. Les partenaires s’étaient retirés ou ils avaient moins investi. On commençait alors à voir le problème grandir en termes de moyens autour de ce sport. Cette année test se passera très bien puisqu’en 2017, le tournoi est badgé LETAS. Et, l’équipe d’Evian qui nous accompagne voient que l’on est là pour s’inscrire dans la durée avec eux. Une relation de confiance se met alors en place et, dès 2017, on décide d’avoir un investissement financier plus fort qui sera graduel. 

Le prize money actuel du tournoi est de 200 000 euros. La crise sanitaire, vous a-t-elle obligé de revoir vos objectifs ?

JBP : Chaque année, notre investissement augmente. On trouve aussi des partenaires. Nous ne sommes pas seuls dans l’aventure. On est soutenu par Evian, la Fédération, la région, des partenaires fournisseurs … De nouveaux partenaires financiers devraient arriver cette année et nous aider à avoir un prize money à 200 000 € avec un champ de joueuses qui sera complet (132 joueuses*), avec toujours autant de nationalités (entre 25 et 30). Malheureusement, il y a eu cette année blanche. On repart donc sur la dotation prévue l’an dernier. On n’a pas souhaité retravailler tous nos modèles financiers parce que 2020 avait disparu. Cela ne veut pas dire que l’on est bloqué à 200.000 €. Bien sûr que l’on a l’ambition d’augmenter le prize money, mais pas seulement. Il y a aussi la qualité d’accueil des joueuses, tous les services que l’on peut leur apporter pendant un tournoi. Les améliorations sont multifacettes. L’an dernier, on a tout de même réussi à ‘’amortir la chute’’ en organisant un petit Pro-Am en septembre à l’ Evian Resort avec dix équipes sur deux jours.

Vous avez lancé en 2019 votre propre tournoi en Afrique du Sud. Que peut apporter en plus la marque Jabra à un golf féminin européen ?

JBP : Effectivement, la 3ème édition du Jabra Ladies Classic s’est disputée du 14 au 16 avril sur le Sunshine Ladies Tour (le Tour sud-africain pour les hommes et les femmes) avec un Pro-Am le 13 avril, des hospitalités et un prize money de 34 000 €. Certes, ce ne sont pas du tout les mêmes budgets que l’on peut voir sur les circuits européens, mais ce tournoi permet tout d’abord, aux joueuses de jouer en période hivernale. Puis, la gagnante obtient une invitation, si nécessaire, pour le Jabra Ladies Open. On part donc d’un tournoi en Afrique du Sud pour arriver en Europe, à Evian et si elle gagne le Jabra, elle accède à The Amundi Evian Championship. Il y a donc une cohérence en liant les évènements entre eux, même si ceux-ci ne sont pas du tout de la même catégorie. Cela permet de donner une chance à des joueuses de monter sur le plus haut niveau.

Fêter les 10 ans en 2026

Dans les prochaines années, l’épreuve va-t-elle continuer de grandir ? Comment voyez-vous son avenir ?

JBP : Je vois l’avenir du tournoi dans la progression du prize money. Ce n’est pas bien-sûr le seul critère mais il est là quand même. Aujourd’hui, pour être LET, il faut minimum 200.000 euros. On y est mais l’objectif n’est pas d’y rester. Il faut travailler sur le sujet et trouver de nouveaux partenaires pour faire progresser le tournoi. Il faut aussi faire évoluer tous les services que l’on peut apporter pendant l’épreuve (animations, hospitalités …), la communication autour du tournoi, sur le golf féminin. Il y a donc trois axes essentiels  : la dotation, les services et la communication.

Et bien sûr l’aventure avec Evian ?

JBP : C’est la base de tout. Quand on veut monter un tournoi professionnel féminin, le positionner à Evian, c’est une cohérence. On a une organisation qui maîtrise pleinement le sujet. On dispose d’un Resort exceptionnel avec ses hôtels, un auditorium …. On a la plateforme, le partenaire qui nous porte, qui nous aide.

Pourrait-on aussi retrouver la marque Jabra sur d’autres tournois, plus importants et peut-être sur une épreuve masculine ?

JBP : Notre navire amiral c’est le Jabra Ladies Open. C’est déjà tellement de travail. Nous avons œuvré avec les équipes Jabra pour avoir ce tournoi féminin. Je ne vois pas de grandes raisons à démultiplier et à être sur deux circuits à la fois. Il faut s’inscrire dans la durée et consolider le tournoi dans le temps. J’aimerai fêter ses 10 ans en 2026. Cette date anniversaire me tient à cœur.

A.P

 

Annabel Dimmock, tenante du titre – Photo T. Jones

*Avec Agathe Sauzon et Marion Duvernay

Sur les 132 engagées de cette 5ème édition sur 54 trous (et cut vendredi soir) on dénombre 17 françaises dont 3 amateurs. Et parmi les proettes tricolores, on soulignera la présence de deux régionales : la Drômoise Agathe Sauzon et l’Eviannaise Marion Duvernay qui auront à cœur de briller en terre française.

Parmi les favorites, outre la tenante du titre l ‘Anglaise Annabel Dimmock, on citera sa compatriote Meghan MacLaren, l’Australienne Stéphanie Kyriacou, la Galloise Amy Boulden, l’expérimentée norvégienne Marianne Skarpnord et la prometteuse thaïlandaise Atthaya Thitikul.

A NOTER : en écho aux actions réalisées dans le sport, cette année Jabra a décidé de soutenir l’Association Women Safe qui prend en charge les femmes et les enfants victimes de violences et dont Florence Foresti est la marraine.