Malgré son appréciable avance, la Sud-Coréenne a dû attendre le play-off pour se débarrasser de la brillante canadienne Brooke Henderson.

Au golf aussi il ne faut pas vendre la fameuse peau de l’ours avant de etc…etc… Le dernier tour de The Amundi Evian Championship a en a été un nouvel et vibrant exemple, qui contre toute attente, nous a livré un mémorable suspens débouchant sur un inimaginable Play-off remporté par Haeran Ryu.

On pensait en effet que la Sud-Coréenne avait définitivement assommé cette 13è édition en mode majeur lors d’un troisième tour souligné d’un historique 60 (-11), repoussant notamment la Japonaise Aki Iwai à 3 coups et la Canadienne Brooke Henderson à 7, ses deux futures partenaires d’un dimanche écrasé de chaleur. On se fourrait le doigt dans l’œil,

Si la Japonaise a tout tenté avec une carte de 69 (-18 au total) malheureusement insuffisante, la blondinette canadienne, victorieuse ici en 2022, a, elle, réalisé l’exploit de combler son retard pour conserver le rêve d’une deuxième victoire, au prix d’un magistral 64 (-7) enrichi par un trou en 1 (au 8) et d’un diabolique eagle sur le 18. Pendant que Ryu se contentait d’une morne carte dans le Par pour un même score total de -19 !

Sept ans d’attente

Il fallut donc recourir à un play-off à deux qui sourit alors immédiatement, grâce à un birdie, à la solide Hae Ran laquelle empoche donc un chèque de 1,4 millions de dollars. Après le KPMG, il y a deux semaines, la Sud-Coréenne de 25 ans épingle donc un deuxième majeur à son palmarès. D’où ce « rêve difficile à réaliser » qu’elle évoquera après coup, non sans rappeler son succès dans la Juniors Cup à Evian en 2015. Un signe et une nouvelle preuve du niveau de cette compétition de jeunes.

Mine de rien cela faisait sept ans que le drapeau de la Corée du sud n’avait pas été parachuté dans l’arène surchauffée du 18 de l’Evian Resort GC. Depuis 2019, et Jin Young Ko, l’hymne du   pays du matin calme n’avait pas retenti pour célébrer la gagnante. Sept ans, soit une éternité pour cette grande nation du golf féminin mondial qui avait triomphé trois fois ici* depuis 2013, date où l’épreuve avait intégré le cercle prestigieux des Majeurs.

Nadaud (22e) meilleure française

Coté tricolore, la Picarde Perrine Delacour finit moins bien qu’elle n’avait débuté, avec un 74 (+1) la renvoyant à un -3 total et une honnête 50eè position. Un rang qu’elle partage d’ailleurs avec Pauline Roussin Bouchard laquelle se contenta hier du Par (71), pour un bilan plus positif de tournoi que son entame (74) ne l’avait laissé entrevoir (voir ci-après).

En fait, c’est à nouveau Nastasia Nadaud qui a porté le plus haut les couleurs bleues. Après son 3e tour compliqué, la Savoyarde qui jouait quasiment à domicile a su impeccablement réagir avec un 67 terminal (-4). Un score qui additionné à ses précédentes cartes (68,68 et 74) la place à – 7 au total, avec un 22e rang. Soit une unité de mieux, mais une place moins bonne que l’an passé (21e), où elle fut la révélation française du tournoi. Cette fois, l’Aixoise finit « sur une bonne note » (voir par ailleurs) avant de filer jouer le Scottish Open puis le British, dernier Majeur de l’année.

R.B

*En 2014, Hyo Joo Kim, en 2016 In Gee Chun, et en 2019 Jin Young Ko

ELLES ONT DIT :

Nastasia Nadaud :  » J’ai eu aujourd’hui une journée hyper solide malgré un bogey sur les Par 3 du 5 et du 14, mais j’ai su bien rebondir et finir par des birdies. En plus, c’est cool de finir première Française. Cette semaine, j’ai raté pas mal de coups notamment au 16. Il m’a fait très mal,  donc il y a quelques petits ajustements à faire. Sur les zones à taper, je pense qu’on a été un peu trop agressives avec ma cadette, mais mon jeu a été globalement en place. Il est vrai que samedi était une journée un peu frustrante. Mais je finis ma semaine sur une bonne note et c’est hyper positif pour la suite : le Scottish et le Scottish. Mais avant je vais aller me ressourcer chez mes parents ! »

PRB : « C’était une bonne partie. Mon jeu a été identique aux jours précédents, avec un meilleur driving. J’ai même dit  à mon cadet que c’était difficile de changer quelque chose parce que les coups sont très bien tapés. Il y a eu de très bons coups d’ailleurs. Et puis j’ai aussi appris que je pouvais dompter mes souvenirs avec une stratégie différente et c’est de bonne augure pour les prochaines éditions d’Evian… et pour la suite. »