De passage au G.C Lyon pour le Pro-Am Sogelym, le Rhodanien d’adoption* fait un point sur sa saison** et nous éclaire sur sa décision de stopper sa collaboration avec Raphaël Jacquelin.

Julien, vous avez déclaré récemment n’être pas satisfait de votre saison, pourtant on comptabilise quatre bons tops 10 dont deux podiums, et vous sortez d’une 14e place à l’Open de France !

C’est vrai, j’avais démarré très fort, mais ça a masqué une grande partie du  reste de ma saison : je ne suis pas satisfait de ma régularité et de mon jeu, de manière générale, car j’ai raté beaucoup de cuts (ndlr, 8 sur 22 tournois). Après, je me bats avec mes armes, mais ça n’est pas très agréable d’être tout le temps en situation de se battre pour scorer.

N’empêche, avec votre 27e rang provisoire, vous voilà meilleur français qualifié pour la finale de la Race to Dubaï. Quel est votre espoir pour cette fin de saison ?

Ça sera ma troisième finale après 2023 et 2024, et ça serait effectivement difficile de dire que je ne suis pas content. J’aimerais bien gagner un tournoi, après mon niveau de jeu ne me le permets pas actuellement, mais je ne suis pas si loin non plus : le golf est parfois imprévisible, je travaille et je m’organise pour réussir ça !

« J’ai ressenti le besoin de changer »

Justement, pendant l’Open de France on a appris que vous mettiez un terme à votre collaboration de trois ans avec Raphaël Jacquelin. Quand avez-vous pris cette décision ?

Raph’, c’est un ami et c’est très difficile d’arrêter avec quelqu’un que tu apprécies vraiment. Je l’ai prévenu avant l’Open de France car je savais que j’allais passer la semaine avec lui  et qu’il devait ensuite m’accompagner à Madrid : je n’aurais pas pu le regarder dans les yeux et continuer !

Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?

À partir du moment où je voyais que côté stats, ça n’allait pas forcément dans le bon sens, que je ne réussissais pas à avoir les trajectoires et les contrôles que je voulais, il me fallait faire des choix . Et j’ai ressenti le besoin de changer, d’avoir un autre discours. C’est problématique, quand tu commences à douter… Je suis trop honnête et je préférais arrêter même si ça fait mal, mal à lui et à moi aussi.

Quel profil de coach recherchez-vous ?

À mon âge, je sais ce que je veux, je recherche quelqu’un dont les compétences puissent convenir à mon fonctionnement. J’ai quelques pistes mais c’est là aussi que je vois qu’être coach aujourd’hui réclame énormément de connaissances sur beaucoup de sujets. Le coaching a énormément évolué, avant on était plus pragmatique.

Bref, pas facile de trouver le coach idéal ?

L’idéal ça n’existe pas, et voilà pourquoi, je dis… Peut-être que je recommencerai une collaboration avec Raph’. Plus tard, je n’en sais rien. Je n’enlève pas tout ce que j’ai fait avec lui, toutes les étapes qu’il m’a fait franchir. C’était un choix difficile car je sais bien qu’à force de vouloir aller chercher toujours plus haut, ce choix peut me faire aboutir à l’inverse. Je peux me tromper, je le sais, et j’ouvre toutes les possibilités… Seul l’avenir me le dira !

Et cette 14e place au Golf National vous a donc fait du bien ?

Je me suis dit, il n’y a plus que toi, fais les trucs que tu sens, avec des choses plus simples. Je suis donc très satisfait d’autant que j’étais dans une période compliquée où je rate deux cuts consécutifs, avec un niveau de jeu pas bon, et mentalement touché avec ma blessure au dos du mois de mai. Et au classement mondial je ne faisais que chuter (ndlr, de la 115e à la 232e place actuellement).

À 41 ans, quelles limites vous fixez-vous pour votre carrière sur le circuit ?

Dans ma tête c’est 2030… et si je dépasse cette date, cela signifiera que je suis souvent en haut des leaderboards !

R.B

*Même s’il vit à Dubaï, le néo ambassadeur du Gouverneur possède depuis 15 ans une résidence à Cailloux-sur-Fontaine. 

**Son calendrier : Open d’Espagne (8-11 octobre), India Championship (15-18 octobre), Abu Dhabi Championship (5-8 novembre), Finale de The Race à Dubaï (12-15 novembre)